Trésors des ex-voto de Provence

“Ex-voto” est une abréviation de la formule latine « ex-voto suscepto » qui veut dire “à la suite d’un vœu”. L’ex-voto (mot invariable) est un objet, une inscription sur un support ou une image peinte. Les ex-voto sont offerts à la Vierge ou à un saint en remerciement d’une grâce obtenue, souvent après avoir échappé à une maladie ou à un grave danger. Lors de cet événement angoissant ou traumatisant, le demandeur implore la Vierge ou le saint d’un sanctuaire particulier. Une fois tiré d’affaire, il s’y rend en pèlerinage pour prier, remercier et déposer son témoignage. Cette pratique remonte à la plus haute Antiquité. Égyptiens, Grecs, Celtes et Romains faisaient déjà ce type d’offrandes à leurs divinités. On ne sait à quel moment les chrétiens adoptèrent cette tradition. Peut-être a-t-elle existé dès le début de la nouvelle religion.

Ex-voto. Provence. 1676. Jouques (Bouches-du-Rhône). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto 1676. Musée de Jouques (Bouches-du-Rhône). Provenant soit de la chapelle Notre-Dame-de-la-Roque, soit de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation, les deux chapelles à ex-voto de la commune.

En Provence, à partir du XVIIe siècle, le phénomène prend de l’ampleur. C’est le moment où se développent les ex-voto peints sur panneaux de bois. Sur les ex-voto peints les plus anciens, XVIIe et première moitié du XVIIIe siècle, les premières images ne comportent que la Vierge invoquée et des personnages, souvent des familles, priants à genoux. Sur ces ex-voto, dits « d’Actions de grâce », les suppliants, de part leur habillement, sont plutôt des aristocrates. La mention « ex-voto » accompagnée (ou pas) d’une date est la seule inscription. S’y ajoute ensuite un nom, puis, peu à peu, les ex-voto racontent les circonstances du vœu et de la grâce : apparition d’un malade alité, évocation d’un accident… À partir de la fin du XVIIIe siècle, cette tendance s’amplifie et devient courante pour atteindre son apogée au XIXe siècle. Toutes les couches de la population sont gagnées par ce mouvement de piété : bourgeoisie, paysannerie et petit peuple des villes. Les images sont alors descriptives de l’événement qui a entraîné le vœu et le don ; les textes sont plus explicatifs et prennent plus de place.

Ex-voto de 1740. Église Saint-Paul. Hyères.

Ex-voto provenant de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation. 1740. Hyères.

Les chapelles qui les reçoivent sont très nombreuses. À partir du dernier quart du XIXe siècle, la vague décroît. Les ex-voto peints témoignant en image du drame vécu sont remplacés peu à peu par des objets familiers (fleurs sous-verre, objets divers ayant un rapport avec la maladie, cœurs en métal argenté, médailles…) ou par des écrits, simples remerciements, gravés sur des plaques de marbre, imprimées sur des carton encadrés, mais aussi quelquefois sur des plaques d’émail ou de faïence. C’est principalement sur des plaques gravées que l’ex-voto survit aujourd’hui.

Ex-voto. Provence. 1847. Le Beausset-Vieux (Var). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto. Charrette renversée. 1847. Chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir. Le Beausset-Vieux (Var).

Ex-voto. Provence. Sous-verres et plaques gravées. Photo Serge Panarotto.

Ex-voto. Sous-verres et plaques écrites. Notre-Dame-du-Roc. Castellane (Alpes-de-Haute-Provence).

Ex-voto peints

Art populaire authentique, exécuté dans leur grande majorité par des artistes anonymes, les ex-voto peints, outre les histoires qu’ils narrent et la foi qu’ils illustrent, sont porteurs de nombreuses autres informations. Ce sont des reflets précieux de la vie quotidienne ordinaire de nos ancêtres et, pour le XIXe siècle, particulièrement des « petites gens ». On y voit la façon dont ils s’habillaient, travaillaient, étaient logés, se déplaçaient… On peut y décrypter les liens sociaux et familiaux et, bien sûr, on y observe leurs malheurs…

Ex-voto peints. Provence. Chapelle Notre-Dame-des-Anges. Pignans (Var). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto peints. Chapelle Notre-Dame-des-Anges. Pignans (Var).

Actions de grâce

L’objet du vœu n’est pas représenté. Ce sont en général les ex-voto peints les plus anciens. L’image présente la Vierge, ou plus rarement un saint, et des personnes en prière. Y figure la mention Ex-voto, accompagnée ou pas d’une date, avec ou sans nom.

Action de grâce. Ex-voto. 1613. Église Saint-Paul. Hyères

Ex-voto. 1613. Église Saint-Paul. Hyères (Var).

Maladies
La majeure part des ex-voto représentent des scènes de maladies : patients alités, de tous âges et de toutes conditions, et autour d’eux des proches implorant la Vierge ou un saint. En ces temps où la médecine balbutiait encore, on comprend qu’il ne leur restait que le ciel pour recours. On notera aussi que beaucoup de ces malades sont des enfants. Il a fallu attendre la fin du XIXe siècle pour que la mortalité infantile (et maternelle…) décroisse enfin.

Ex-voto Provence. XVIIIe siècle. Notre-Dame-de-l'Espérance. Bouc-Bel-Air (Bouches du Rhône). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto XVIIIe siècle. Provenant de la chapelle Notre-Dame-de-l’Espérance. Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône).

Accidents
Les accidents représentent l’autre grande catégorie des ex-voto. Accidents domestiques principalement : beaucoup de charrettes et de piétons renversés, chutes d’un arbre ou dans un puits, foudre, noyades, accidents de chasse… Quelques-uns évoquent des catastrophes : éboulement, effondrement de maison, incendie… La gamme est vaste des petits et grands malheurs qui frappaient les gens en ces temps où la sécurité civile (pompiers, hôpitaux…) n’existait pas et où chacun était livré à lui-même et à la solidarité étroite de sa seule famille ou de sa petite communauté. Ce sont ceux qui en ont réchappé – par la grâce divine ou par chance… – qui offraient ces ex-voto qui nous charment aujourd’hui par leur style naïf et leur foi sincère.

Ex-voto Provence 1863. Charrette surchargée dans le fossé. Chapelle Notre-Dame-de-Lumières. Goult (Vaucluse). Photo Serge Panarotto.

Accident de charrette surchargée. Ex-voto 1863. Chapelle Notre-Dame-de-Lumières. Goult (Vaucluse).

Catastrophes
Aux maladies et aux accidents domestiques de la vie courante s’ajoutent des événements moins fréquents et fortement traumatisants : catastrophes mineures (incendies, inondations, éboulements…) ou majeures comme la peste, les épidémies telles la fièvre typhoïde et le choléra, récurrentes jusqu’au XIXe siècle, l’insécurité, les troubles sociaux et la guerre…

Ex-voto Provence 1840. La fête gâchée. Église des Saintes-Maries-de-la-Mer. Bouches-du-Rhône). Photo Serge Panarotto.

Le plancher s’effondre lors d’une fête. Ex-voto 1840. Église des Saintes-Maries-de-la-Mer. Camargue.

Ex-voto collectifs
Souvent de tailles plus grandes que les autres et mieux peints, on trouve aussi quelques ex-voto collectifs. Ils sont offerts par une collectivité (ville, village) ou un groupe social mais le plus souvent par une confrérie de pénitents.

Ex-vot Provence 1870. Procession vers Notre-Dame-du-Roc. Castellane (Alpes-de-Haute-Provence). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto de 1870, représentant la population de Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) en procession vers la chapelle Notre-Dame-du-Roc, pour remercier la Vierge d’avoir délivré la ville d’une épidémie de variole.

Ex-voto marins

Ex-voto marins peints. Chapelle Sainte-Anne. Saint-Tropez (Var). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto marins peints. Chapelle Sainte-Anne. Saint-Tropez (Var).

Durant des siècles, pour les marins, pour les pêcheurs et pour tous les voyageurs, la mer a été source de danger. Pour conjurer ces craintes, un chapelet de chapelles borde le littoral méditerranéen. Nombre d’entre elles, situées sur des hauteurs – donc visibles depuis la haute mer – abritent des ex-voto marins. De leurs voûtes pendent des maquettes de navires et leurs murs sont couverts de tableaux qui racontent de terribles naufrages de grands navires ou de simple barques, survenus ici, près de nos côtes, ou en des mers lointaines et dangereusement exotiques. Curieusement, on trouve aussi des ex-voto marins dans quelques chapelles de l’intérieur des terres quelques fois fort loin de la mer.

Autre particularité, les ex-voto sont de facture moins naïve ; beaucoup ont été réalisé par de artistes véritables. Il est vrai qu’il y avait dans les grands ports, des peintres de marine qui « portraituraient » les bateaux pour les armateurs ou les capitaines ; on voit que certains, connus, comme la famille Roux à Marseille par exemple, ont réalisé quelques ex-voto. Même s’ils n’ont pas signé ce type d’œuvres, les spécialistes reconnaissent aisément leur style.

Ex-voto marin 1896. Un homme à la mer. Chapelle Notre-Dame-du-Roc. Castellane (Alpes-de-Haute-Provence). Photo Serge Panarotto.

Le naufragé. Ex-voto 1896. Chapelle Notre-Dame-du-Roc. Castellane (Alpes-de-Haute-Provence). Magnifique peinture d’une remarquable qualité.

Ex-voto marin. Provence 1928. Voilier sur mer démontée. Chapelle Sainte-Anne. Saint-Tropez (Var).

Voilier en difficulté. Ex-voto marin 1928. Tableau réalisé par un vrai artiste post-impressionniste qui a signé son œuvre. Chapelle Sainte-Anne. Saint-Tropez (Var).

On peut également retracer par les ex-voto marins, aussi bien les tableaux que les maquettes, l’histoire de la marine et évolution des bateaux, des fiers vaisseaux, aux modestes barques de pêcheurs. La guerre aussi, est plus présente, car la filibuste et les batailles navales sont pourvoyeuses de bien des naufrages. Au début du XXe siècle, suspendues au plafond des chapelles, apparaissent, aux côtés des bateaux, des maquettes d’avions.

À qui s’adressent les ex-voto ?

Le suppliant n’invoque quasiment jamais directement le Christ ou Dieu le Père ; il adresse sa prière et sa supplique principalement de la Vierge Marie ou à quelques saints bien identifiés, saint du terroir où il vit, ou un saint guérisseur reconnu comme « efficace » pour l’affection dont il souffre.

Ex-voto Provence 1741. Vierge à l'Enfant en majesté. Chapelle Notre-Dame-de-l'Espérance. Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône). Photo Serge Panarotto.

Vierge à l’Enfant en majesté. Ex-voto 1741. Chapelle Notre-Dame-de-l’Espérance. Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône).

La Vierge Marie reçoit l’immense majorité des remerciements exprimés sur les ex-voto. Non pas une Vierge essentialiste ou idéalisée, mais des Vierges nommées et identifiées, liées à des sanctuaires particuliers : Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille ou Notre-Dame-de-la-Garde de La Ciotat, Notre-Dame-de-Grâce de Cotignac ou Notre-Dame-de-Grâce de Maillane, Notre-Dame-du-Château d’Allauch ou Notre-Dame-du-Château de Tarascon, Notre-Dame-de-la-Roque ou Notre-Dame-de-Consolation de Jouques, Notre-Dame-du-Roc de Castellane, Notre-Dame-de-l’Espérance de Bouc-Bel-Air, Notre-Dame-de-Laghet de La Trinité… À noter aussi que les Vierges noires, nombreuses en Provence sont abondamment entourées d’ex-voto : Notre-Dame-la-Brune de Mazan, Notre-Dame-de-Lumières de Goult, Notre-Dame-des-Anges de Pignans…

Ex-voto Provence 1706. La veuve et l'enfant. Photo Serge Panarotto.

Ex-voto 1706. Vierge à l’Enfant, main tendue vers la veuve et l’enfant.

Sur la grande majorité des ex-voto mariaux, la Vierge est représentée, selon une tradition bien établie depuis la Renaissance, habillée d’une robe rouge et d’un manteau bleu foncé. Sur la tête, elle est soit en cheveux, soit elle porte partiellement un voile ou se couvre de son manteau, sans qu’il semble y avoir de règle établie. Quelques Vierges sont couronnées. La Vierge porte généralement l’enfant jésus sur un bras, mais elle est aussi souvent seule. Sur quelques ex-voto très anciens, elle est habillée tout en blanc. La tenue traditionnelle en rouge et bleu connaît toutefois un changement à la toute fin du XIXe siècle et au XXe siècle, sous l’influence des images de Notre-Dame-de-Lourdes : la Vierge est alors habillée d’une robe blanche et d’un manteau bleu ciel et a la tête couverte.  C’est cette dernière représentation qui tend désormais à devenir la norme. Dans quelques chapelles particulières, la Vierge représentée sur plusieurs ex-voto revêt l’apparence (attitude, habillement…) de la statue de la Vierge vénérée en ces lieux ; c’est le cas par exemple pour Notre-Dame-de-Miséricorde à Martigues, ou pour Notre-Dame-de-Consolation à Hyères. Sur quelques ex-voto, Marie est représentée, avec l’Enfant Jésus, dans une composition pyramidale, couronnée et en habit d’apparat, rigide et enveloppant ; ce sont des ex-voto dédiés à des Vierges noire dont c’est la représentation cérémonielle dans les sanctuaires et lors des processions qui leurs sont consacrés.

Les chapelles dédiées à des saints recevant des ex-voto sont aujourd’hui peu nombreuses. Petites chapelles souvent isolées, elles ne recèlent de nos jours que quelques ex-voto pour témoignage (on se demande où sont passés tout ceux qui tapissaient leurs murs et ont disparu ou se trouvent dans des réserves bien cachées). Elles ne sont souvent ouvertes que lors d’un pèlerinage comme c’est la cas, par exemple de la chapelle Saint-Symphorien à Vernègues-Cazan (Bouches-du-Rhône) ou de la chapelle Saint Pancrace (saint Brancaï en Provençal) à Puyloubier. Ces deux saints étaient invoqués pour les problèmes qu’on qualifie aujourd’hui d’orthopédiques (malformations, boiteux, bossus, membres blessés…).

L’église des Sainte-Maries-de-la-Mer, en Camargue, est un cas exceptionnel, de part la grande sacralité du lieu pour les Provençaux. Marie Salomé et Marie Jacobé, associées à Sarah, la patronne des Gitans, y sont vénérées et reçoivent depuis des lustres d’innombrables ex-voto de toutes formes : plaques gravées, peintures, et objets divers et même, pour Sarah, étoffes précieuses et bijoux.

Église des Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue). Barque de Marie Salomé et de Marie Jacobé entourée d'ex-voto. Photo Serge Panarotto.

Église des Saintes-Maries-de-la-Mer. Barque de Marie Salomé et de Marie Jacobé entourée d’ex-voto.

Source d’Histoire et d’histoires

Les ex-voto sont une mine de connaissances pour les historiens qui étudient la vie quotidienne de nos aïeux des XVIIIe et XIXe siècles. Les ex-voto sont presque tous datés car ils évoquent des événements. Ils permettent ainsi de suivre l’évolution de l’habillement, de l’habitat, en particulier les intérieurs, du travail et de la vie quotidienne aux champs comme à la ville, aussi bien du petit peuple que des classes aisées, car en ces temps en Provence, la religion catholique imprégnait profondément toute la société. Comme nous l’avons vu plus haut pour les ex-voto marins, ils témoignent également de l’évolution des techniques, plus particulièrement pour les transports, source de nombreux accidents. Ce sont aussi quelques fois, des instantané de la vie ordinaire et de ses petits et grands drames.

Femmes du peuple habillées d'indiennes provençal. Ex-voto XVIIIe siècle. Chapelle Notre-Dame-du-Château. Allauch (Bouches-du-Rhône).

Femmes du peuple en costume provençal. Ex-voto fin XVIIIe siècle. Chapelle Notre-Dame-du-Château. Allauch (Bouches-du-Rhône).

Un témoignage émouvant de violence conjugale.

Ex-voto Provence 1817. Le mari violent. Chapelle Notre-Dame-du-Château. Allauch (Bouches-du-Rhône).

Violence conjugale. Ex-voto 1817. Chapelle Notre-Dame-du-Château. Allauch (Bouches-du-Rhône).

« exvotô. de claire michel que son mari joseph roubin, voulait assassiner avec un rasouar qui cassa dans la main de sa femme en se defendan dont la malheureuse en reçu trois coups. il fut en chercher un autre pour lachever, dans cet espace elle se recommanda ala Sainte vierge quelle lui donna leureuse idée de sortir de la chambre et de fermer son mari dedans, en crian au secour, dont on vint desuite. peigner * le 9 février 1817.
* Probablement le village de Peynier.

Ex-voto remarquables, précieux ou insolites

Ex-voto Provence. Insolite et mystérieux crocodile pendu au plafond de la Chapelle Notre-Dame-des-Anges, à Pignans (Var). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto insolite et mystérieux. Crocodile pendu au plafond de la Chapelle Notre-Dame-des-Anges, à Pignans (Var))

Les ex-voto peints sont considérés comme les plus intéressants et les plus attachants, mais la multitude de formes que prennent ces témoignages de foi et de gratitude populaire nous donnent à voir bien d’autres objets remarquables, émouvant, dont quelques-uns plutôt insolites, comme le crocodile de Notre-Dame-des-Anges ou les fers de bagnard de la chapelle Sainte-Anne à Saint-Tropez.

Quelques Vierges recevaient aussi en ex-voto des objets en métal précieux : objets de piété (cœurs, croix…) mais aussi médailles et bijoux en or, argent, pierreries… De part leur valeur, ces pièces ont depuis longtemps disparues ou été mises à l’abri. Le dernier endroit de la région où on peut se rendre compte de ce qu’a dû être cette « ambiance » est le musée Ziem à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; au centre d’un mur sur lequel sont accrochés des ex-voto peints, dans une niche a été installée une reproduction de Notre-Dame-de-Miséricorde parée des bijoux qu’elle portait et des menus objets précieux qui l’entouraient dans son sanctuaire d’origine, aujourd’hui vide.

Où voir ces ex-voto ?

Ex-voto Provence 1591. Homme tombé du toit de l'église. Église des Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue). Photo Serge Panarotto.

Homme tombé du toit de l’église. Un des plus vieux ex-voto peint de Provence : 1591. Église des Saintes-Maries-de-la-Mer (Camargue).

Jadis, les chapelles à ex-voto étaient bien plus nombreuses qu’aujourd’hui en Provence. Quelques-unes sont tombées en ruines, beaucoup ont fermé et les ex-voto qui ornaient leurs murs ont disparu, ruinés par le temps, dispersés, volés, envolés ou mis en réserve Dieu sait où… Mais tout n’a pas disparu ; nombre de ces petits trésors populaires ont rejoint des musées locaux. À Jouques (Bouches-du-Rhône), quelques ex-voto de la chapelle abandonnée Notre-Dame-de-Consolation sont exposés dans le musée villageois ; à Martigues (Bouches-du-Rhône), les ex-voto de la chapelle rurale Notre-Dame-des-Marins ont été transférés en ville, au musée Ziem. À Brignoles (Var) on découvre quelques ex-voto au Musée du pays brignolais et à Allauch (Bouches-du-Rhône) dans le Musée d’art sacré. À Bouc-Bel-Air (Bouches-du-Rhône), qui possède une remarquable collection, bien restaurée, issue de la chapelle Notre-Dame-de-l’Espérance, une petite partie de cette collection est exposée dans l’église paroissiale, le reste étant mis réserve par la Ville. À Marseille, à Notre-Dame-de-la-Garde, une partie des ex-voto a été conservée dans la nef de la basilique, mais une autre partie constitue le fond d’un musée attenant à l’église. À Hyères (Var), l’église Saint-Paul, dans la vieille ville, a recueillit, et expose dans son narthex, plus de 400 ex-voto provenant de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation.

Ex-voto marins. Tableau d'un navire et maquette d'avion. Musée de Notre-Dame-de-la-Garde. Marseille. Photo Serge panarotto.

Tableau d’un navire et maquette d’avion. Ex-voto. Musée de Notre-Dame-de-la-Garde. Marseille.

Quelques chapelles, toujours consacrées mais le plus souvent fermées, n’ont conservé visibles que quelques ex-voto pour témoigner qu’autrefois ils garnissaient les murs de ces sanctuaires ; c’est le cas par exemple de la chapelle Notre-Dame-de-Ormeaux à Seillans (Var) ou de la chapelle Saint-Pancrace, à Puyloubier (Bouches-du-Rhône).

Collection d'ex-voto provenant de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation. Église Saint-Paul. Hyères. Photo Serge Panarotto.

Plus de 400 ex-voto provenant de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation. Église Saint-Paul Hyères (Var).

Cependant, pour apprécier pleinement les valeurs esthétiques, historiques, sentimentales même, mais surtout religieuses (qui sont leur raison d’être) des ex-voto, il est plus intéressant de les découvrir dans leurs sanctuaires d’origine, où ils se sont accumulés au fil de ces trois derniers siècles. Fort heureusement, il en reste plusieurs en Provence. Quelques-uns sont ouverts en permanence, mais la plupart ne sont accessibles que lors de fêtes religieuses ou de pèlerinages, ou lors des journées du patrimoine, à vous d’être à l’affût…

Ex-voto terriens

Mur d'ex-voto peints anciens. Chapelle Notre-Dame-du-Château. Allauch (Bouches-du-Rhône). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto peints anciens. Chapelle Notre-Dame-du-Château. Allauch (Bouches-du-Rhône).

Chapelle Notre-Dame-du-Roc à Castellane (Alpes-de-Haute-Provence)
Chapelle Notre-Dame-du-Château à Allauch (Bouches-du-Rhône)
Chapelle Notre-Dame-de-la-Roque à Jouques (Bouches-du-Rhône)
Chapelle Saint-Symphorien à Vernègues-Cazan (Bouches-du-Rhône)
Église des Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue (Bouches-du-Rhône)
Chapelle Saint-Jean de Garguier à Gémenos (Bouches-du-Rhône)
Chapelle Notre-Dame-de-Lumières à Goult (Vaucluse)
Chapelle Notre-Dame-de-Beauvoir au Beausset-Vieux (Var)
Chapelle Notre-Dame-des-Anges à Pignans (Var)
Église collégiale Saint-Paul à Hyères (Var) – Ex-voto de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation
Sanctuaire Notre-Dame-de-Laghet à La Trinité (Alpes-Maritimes)

Christ et Ex-voto. Chapelle Saint-Jean. Saint-Jean-de-Garguier, Gémenos (Bouches-du-Phône). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto. Chapelle Saint-Jean. Saint-Jean-de-Garguier, Gémenos (Bouches-du-Phône).

Ex-voto marins

Ex-voto marins. Chapelle Notre-Dame-de-la-Garoupe. Antibes (Alpes-Maritimes). Photo Serge Panarotto.

Ex-voto marins. Chapelle Notre-Dame-de-la-Garoupe. Antibes (Alpes-Maritimes).

Chapelle Sainte-Anne à Saint-Tropez (Var)
Chapelle Notre-Dame-de-la-Garde à La Ciotat 13 (Bouches-du-Rhône)
Basilique Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille (Bouches-du-Rhône)
Chapelle Notre-Dame-de-la-Garoupe à Antibes (Alpes-Maritimes)

En passant du statut d’objet de foi à celui d’objet d’art et de patrimoine, les ex-voto ont perdu une partie de leur substance, mais leur découverte nous procure du plaisir et nous rapproche de nos racines culturelles et régionales.

2 réflexions sur “Trésors des ex-voto de Provence

  1. Passionnant ! Je connais les ex-voto de ND de la Garde à Marseille mais j’ignorais qu’il y en avait tant dans les environs ! A voir absolument !

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